Trop mal

[ Et oui, j'ai longtemps délaissé mon blog, faute de temps surtout et puis pas de choses si extraordinaires à raconter. Mais ce soir j'ai vraiment vraiment besoin de retrouver l'usage premier de ce blog : raconter, pour essayer de me soulager.
Ces derniers temps, nous avons beaucoup entendu parler des erreurs médicales ou infirmières ayant conduits à de graves conséquences, voir des décès. Beaucoup de collègues ont pu critiquer, moi, répondant toujours que c'est vite arrivé et que demain, cela pourrait être l'une d'entre nous, moi.
Je ne sais pas si le pire c'est de savoir ou bien ne pas savoir mais, de se planter!
Aujourd'hui, j'avais une prescription de passage de 2g de potassium. Oui, le fameux potassium, celui qui tue! Celui qui provoque des arrets cardiaques en "deux deux". Celui que, malgré la prescription informatisée, donc même pas l'excuse du "déchiffrage", j'ai préparé dans un sérum phy de 100ml. J'ai trouvé ça bizarre alors j'ai regardé la prescription mais, la tête pensant à milles et une autres choses, j'ai mal vu la prescription et ai vu sur 15min... Une sensation très étrange encore mais j'ai réalisé la préparation. C'est pourtant une journée où la matinée a été calme, l'AM pas trop speed non plus. J'ai eu deux jours de repos avant ma vacation et j'ai particulièrement bien dormi cette nuit... Aucune excuse! Pourtant, je n'ai même pas tilté lorsque l'étudiante m'as dit que ca brulait le patient lorsque le produit passait. Je me suis contentée de ralentir encore la perfusion (ca ne passait déjà pas très vite heureusement, il y a surement mon inconscient qui a un minimum travaillé...!) et de lui dire "il faut faire super attention, car si tu passes le potassium trop vite ou bien en trop grande quantité, tu provoques un arrêt cardiaque!". Mais là encore pas plus de réaction de ma part. Pourtant je me suis faite la réflexion "bizarre j'ai toujours vu le potassium qu'en pousse seringue" mais bon, même en regardant encore la prescription, j'ai rien vu. J'ai du bloquer mon cerveau ou je ne sais quoi. C'est finalement la collègue de l'autre service, où le patient était transféré. Ce qui m'énerve surtout, m'angoisse même c'est que je ne sais pas pourquoi j'ai fais cette terrible erreur qui aurait pu être fatale. Et quand on ne sait pas, que l'on ne comprend pas, il est difficile de ne pas réitérer l'erreur. Pas avec le Potassium certes, mais le même genre de conneries... ?! Je connais le potassium, j'en connais les risques et pourtant...
Je sais que je vais passer les prochains jours à revérifier 50 fois ce que je fais, ce que j'ai fais et ce que je vais faire... Peut-etre que je passerais le cap où alors il faudra envisager de changer de boulot avant l'ulcère gastique...
Il ne faut pas croire, les erreurs il y en a beaucoup sauf qu'elles sont souvent rattrapées à temps et aujourd'hui je dis : Merci Les collèges.

Et vraiment honte et c'est vraiment pas une partie de plaisir de "confesser" mon erreur mais l'expérience c'est aussi ce qui permet de limiter les dégats. Peut etre vous souviendrez vous de cette histoire, la raconterez vous à vos collègues, vos étudiants et que cela évitera quelqu'un de mettre en danger un patient, comme je l'ai fais aujourd'hui...

# Posted on Wednesday, 04 March 2009 at 2:49 PM

Je repasse mon DE ...

Il y a quelque temps de cela, j'étais dans un service où une étudiante de 3ème année devait passer sont DE. Jusque là, pas de problème. Je suis assez souvent au même endroit pendant cette période ce qui fait que j'ai la possibilité de l'encadrer sur les soins, chose qu'elle me demande d'ailleurs. Prépa de perfusions, réalisation des sous cutanées, aides à la toilette ou toilettes complètes, changes, nursing, pansements et compagnies, jusqu'à la justification des soins et la pose de "diagnostics infirmiers", tout se passe bien. C'est alors, qu'un jour, la cadre débarque et lui dit "je veux vous voirs sur un pansement" et à moi : "vous venez avec nous". Bien évidemment, le service n'est pas lourd du tout, comme à son habitude et j'ai que ça à faire mais bon ... Qu'a cela ne tienne, je dégage un peu de temps pour cet encadrement genre MSP ... Le fait est que l'étudiante prend le charriot à pansement que nous étions en train d'utiliser (et donc avec tont le matériel pour TOUS les pansements que je devais faire dans la matinée et non pas à la manière "étudiante" ...) et qu'elle explique qu'elle va préparer son charriot avec le matériel necessaire (et donc, elle commence à vider le surplus de matériel qui était desssus). Ni une ni deux, la cadre saute sur l'occasion pour lui demander pourquoi, puisque nous étions en train de faire des pansements, le charriot est aussi plein. Je ne laisse pas le temps à l'étudiante de répondre et explique que JE faisais les pansements et qu'il s'agit de MON organisation.Sachant que je travail quand même proprement : (1er étage complètement vide pour pouvoir travailler, le 2eme où je met tout mon matériel en "stokage" et le dernier étage pour le sale : avec un haricot du produit et des lingettes, permettant de décontaminer mes flacons et ma surface après chaque patient. Je ne pense donc pas être la plus crade de la profession ...) j'ai particulièrement mal pris la réflexion sur le fait que je n'apprenais pas à l'étudiante à travailler "correctement". Ce à quoi j'ai répondu que je lui apprenait à travailler avec les réalités du terrain et que déjà, on terminait parfois les pansements à plus de 15h, s'amuser à faire des aller-retour dans les couloirs (et oui, le matériel est bien evidemment TOUT au bout du couloir, sinon c'est pas drole) c'est plutot utopique. N'ayant rien à répondre là dessus, elle m'a branché sur un autre détail et j'ai abandonné le combat puisque de toute facon, il semblait bien que le débat était stérile. Cela m'a quand même beaucoup perturbée car je suis quelqu'un qui se remet plutot souvent (trop?) en question niveau boulot. J'en ai mal dormi, fat des cauchemards... J'ai vraiment eu la sensation de repasser mon DE mais en version catastrophe cette fois-ci.... Le fait est, pour cloturer cette petite aventure, que quelque jour après, j'ai vu cette cadre effectuer un pansement "stérile"... Nous étions 3 dans la chambre et je lui tournais le dos mais voyais l'étudiante faire de ces grimaces... En effet, la préparation du pansement à commencer avec la déstérilisation pure et simple du champs, soit dit en passant mal utilisé (face absorbante sur la surface et du coup le coté plastifié face au plafond sur laquelle les compresses ont été jetées : c'est sympa l'eau qui ruisselle dessus...) et je passe le reste. Je me suis bien "marrée"... Bref, au moins cela m'a permis de relativiser beaucoup de choses et j'ai bien mieux dormi après.
L'étudiante a eu son DE et je suis bien contente car elle le méritait!

# Posted on Monday, 19 January 2009 at 2:27 PM

Happy Birthday !!!

Happy Birthday !!!
Un an déjà! Pleins d'aventures, de missions, de personnes rencontrées.... Pourtant j'ai l'impression que c'était hier ... Et si loin parfois...

Il y a un an tout juste, je passais mon diplôme et maintenant c'est moi qui encadre les étudiants qui le passent!

J'ai longtemps laissé mon blog sans mise à jour faute de temps. Beaucoup de petites histoires sont à ajouter et j'espère pouvoir le faire bientôt!

Merci à tous pour votre fidélité.

# Posted on Friday, 07 November 2008 at 8:16 AM

Quand les internes changent...

... Ca devient le maxi bor-del ...! Et oui, ces messieurs dames ne connaissent pas le service, les protocoles, font quand même la révolution en collant des bilans de fous à tous les patients, des ECBU (même aux incontinents ce qui bien sur signifie sondage aller-retour), prescrivent à l'arrache genre : je met le nom du médicament mais pas le dosage ou pas la posologie.Ou encore c'est "je recopie le traitement perso du patient mais je ne sais pas de quoi il s'agit, il n'a pas son traitement? Ba c'est pas grave, il ne le prendra pas..." Bref que du bonheur...

Le top du top (qui m'est bien resté en travers):

Nous accueillons dans l'AM une dame en "urgences" (ouai parsque sincèrement cela pouvait encore attendre mais bon...). Je fais son entrée et me préocupe bien évidement de savoir si elle est diabétique et donc sous insuline ou ADO, si elle a de l'HTA et si c'est traité et bien évidemment les anticoagulants et lesquels? Il s'avere qu'elle était anti-coagulée. Ne connaissant pas son devenir, je chope un interne, puis un autre en leur précisant bien qu'elle est sous anticoag et en demandant ce que je fais et si un bloc est prévu pour demain, ect ect.... Personne ne sait. Le temps s'écoule, on finit par apprendre que madame ira au bloc demain. Oui mais, et ses anticoagulants? Je fais quoi? (je crois que l'information n'a jamais été traitée par le cerveau du concerné)
Bref, je précise que pendant tout ce temps la feuille des traitements est resté relevée dans le classeur (petit code pour que les internes regardent). La visite se fait avec ma collègue à 19h50 alors que nous sommes censées finir à 20h30. Cherchez l'erreur.... Quelques bassins et cacas plus tard, la relève a déjà été faite et moi, je rentre chez moi.
Je reviens donc l'après midi suivant et je constaste avec désarroi que cette feuille de traitement est toujours désespérément vide.... Donc, au moment de la visite je le leur redis et là je commence a me faire houspiller (engueuler n'est pas vraiment vrai) par l'assistant qui me sort en gros "et ba voilà cela ne vous a pas perturbé que la patiente n'ai pas ses traitements" Et comme je suis trop gentille je me suis bien interdit d'incriminer l'interne et donc de répondre un truc genre "ouai et vous c'est la troisième visite, la feuille est relevée depuis hier AM, vous avez opéré la patiente et vous ne semblez même pas au courant qu'elle est sous anticoagulants (ils avait rajouté du lovenox). De plus, je ne suis pas censée recopié les traitements des patients à l'entrée, il me semble qu'il s'agit de votre role et de votre responsabilité (ha.... les mauvaises habitudes de services). Enfin les grosses boules...

J'ai aussi eu le droit à l'interne qui fait des transmissions importantes genre "il faut sonder a demeure Mme X et la perfuser d'urgence"à l'étudiant lequel n'a pas tout saisi (en même temps deux patientes avait un nom quasi similaire) et tout cela devient un monstrueux couac et je part avec une heure de retard... Youpi!


Bref, la prochaine fois qu'il y a un changement d'internes, je pense que je prend 2 semaines de vacances. Lol

# Posted on Saturday, 24 May 2008 at 12:41 PM

Edited on Friday, 07 November 2008 at 7:22 AM

Ichtyoses

Ichtyoses
Hier j'ai vu une chose bien étrange que je n'aurais probablement pas croisée si je n'avais pas été intérimaire. L'IDE qui tourne avec moi me demande d'aller faire une prise de sang à un patient. Ce dernier est entré pour suspicion de gale mais après les différents examens ce diagnostic s'est avéré erroné. Bref, n'ayant jamais rencontré un patient atteint de gale et mes cours de dermato se battant en duel, je pourrais bien pu être face à un cas flagrant que je ne l'aurais pas reconnu. Je ne m'attendais donc pas à ce que j'ai vu en entrant dans la chambre: un "arbre". J'explique: le patient est en fait atteint d'hyperkératose (enfin vu que c'est pas la gale c'est ce que qui s'en rapproche le plus et aucun diagnostic clair n'a été posé) et sa peau ressemble donc à l'écorce d'un arbre. Je ne vous raconte même pas comme je me suis torturé l'esprit en me demandant comment j'allais réussir à prélever mon bilan... Bref, pour vous donner une idée, quoi de plus parlant qu'une petite photo trouvée sur le net :

Ichtyose
Les ichtyoses sont des maladies héréditaires de la kératinisation. Il en existe plusieurs formes ; les plus fréquentes se limitent à une sécheresse accentuée de la peau « peau de lézard », en langage populaire). Les atteintes véritablement monstrueuses sont exceptionnelles. Ce moulage, réalisé en 1894, représente un patient de 23 ans, atteint depuis la petite enfance d'une hyperkératose généralisée appartenant probablement au groupe dit des ichtyoses Hystrix.
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Référence : Moulage 1832, collection générale.
Extrait de : Le musée des moulages de l'hôpital Saint-Louis. G.Tilles et D.Wallach, 1996. Ed.APHP et Doin

source: www.bium.univ-paris5.fr/sfhd/musee/image34.htm.


Pour le patient en question c'était bien impressionnant mais pas à ce stade tout de même ... Il devait s'agir d'une forme "légère"

# Posted on Sunday, 04 May 2008 at 4:11 PM